(en particulier la Navarre)
Francisco Crosas López de l'Université de Navarre
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Commentaires
« Taillefer, qui mult bien chantout sor un cheval que tost alout
devant le duc alout chantant
de Karlemaigne et de Rolant
et d´Oliver et des vassals
qui moururent en Rencevals. »
Il semble que l'auteur de cet article croie en l'existence d'une matière épique d'où procéderait la Chanson de Roland telle que nous la connaissons.Il semble croire en l'origine hispanique de cette matière.Cependant il n'existe aucune trace de ces récits.Pour autant on ne peut écarter l'idée d'une tradition orale relatant les mésaventures de Roland.
Le texte se référant à Taillefer n'est attesté qu'en 1125 (Annales de Normandie ,Bouard,1952 )
Commentaires
Il existe plusieurs versions de la chanson.Elles semblent être l'assemblage de cantilènes ou de récits antérieurs. La plus populaire fut celle du codex Calixtinus. On en connaît plus de 300 copies.
5 Certains historiens locaux y voient le combat de Odoacre et Théodoric. Le relief est d autre part dégradé.
1. Cfr. Pilar GARCÍA MOUTON," Los franceses en Aragón (siglos XI-XIII)" en Anuario de Filología Aragonesa, 26, 1980, 7-98 y Francisco RICO, "Çorraquín Sancho, Roldán y Oliveros: un cantar paralelístico castellano del siglo XII", en Homenaje a la memoria de don Antonio Rodríguez Moñino, 1910-1970, Madrid, Castalia, 1975, 547-551.
2 . Cfr. DÁMASO ALONSO, La primitiva épica francesa a la luz de una nota emilianense, Madrid, C.S.I.C., 1954, 63.
3 .Cfr. Liber Sancti Iacobi, IV, XVII,ed. de Walter Muir Whitehill, Santiago de Compostela, Seminario de Estudios Gallegos, 1944. Hay traducción castellana de A. Moralejo et alii, Santiago de Compostela, C.S.I.C., 1951.
4. A partir de ahí, Ferragut aparece en bastantes textos: el que narra más por extenso el combate singular entre él y Roldán es el cantar L'Entrée d'Espagne, de finales del s. XIII. También asoma en La chanson de Guillaume (v. 3235), donde es derrotado por Rainoart; en Chevalerie d'ogier, cantar de finales del s. XII o principios del XIII según Bédier; en Girart de Rousillon, datado por Bédier ca. 1150-1 180; y en Enfances Vivien, de finales del s. XII o principios del XIII. Todas las ocurrencias corresponden a textos posteriores a la Chronica Turpini.
5 Cfr. RITA LEJEUNE y JACQUES STIENNON La légende de Roland dans l'art du Moyen Age, Bruselas, Arcade, 1956, 1, 75.
6 Ha sido objeto de distintos estudios, pero sigue siendo de referencia el primero de ellos, de José María Lacarra, "El combate de Roldán y Ferragut y su representación gráfica en el siglo XII", Anuario del Cuerpo Facultativo de Archiveros, Bibliotecarios y Arqueólogos, 2, 1934, 331-338.
7. En el relieve central, sobre el guerrero sarraceno se lee Feragut; sobre el cristiano, Rollan de Logronio. Entre ambas inscripciones, una tercera: Martinvs me fecit. Unos han considerado que el topónimo "de Logroño" debe aplicarse al escultor (Nájera está a unos 70 km. de Estella). Sin embargo, cabría pensar en que el escultor habla de "Roldán de Logroño", en referencia a algún hecho de armas acaecido en ese lugar, del mismo modo que la leyenda hispánica habla de "Ferragut de Nájera". Cfr. Lejeune, La légende ..., I, 96, In.
8 Cfr. LEJEUNE La légende. .., I, 94 y 95. Considera más seguro que hubiera contemplado el combate entre Merlín y el abismoen la catedral de Angulema. (Commentaire : il s'agirait de Turpin et du sarrazin Abisme)
9 Cfr. LEJEUNE La légende. .., 1, 195. Para el resto de la vidriera el artista parece seguir la tradición que representa la Chronica Turpini en vez de la procedente de la Chanson de Roland. Cfr. id., 1, 197 y 198.
10 De los tres documentos, el de 1171 habla de Ferragut, miles (soldat) y de Ferragut filius. En el más antiguo, de 1159, aparece un Ferragut, filius Mainardi, que Lacarra identifica con Ferragut miles o padre. De 1188 es el que menciona a Ferracuto, oriundo de Busto,(cerca de Logrono) que a su vez identifica con Ferragut hijo. Sean dos o cuatro, parece verosímil que formen parte de una única familia. Cfr. Lacarra, "El combate...", 328.
14 Cfr. Colección Diplomática Medieval de la Rioja, ed. de Ildefonso RODRÍGUEZ de la LAMA Logroño, Instituto de Estudios Riojanos, 1989, IV, documento no. 444.
15 Cfr. Catálogo de la Sección de Comptos del Archivo General de Navarra, ed. de José Ramón CASTRO Pamplona, Aramburu, 1952, vol. 1, documentos no. 773, no. 834 y no. 851; y Ma Itziar ZABALDA ALDAVE, Archivo General de Navarra (1274-1321), I. Documentación real, San Sebastián, Eusko Ikaskuntza, 1995, documento no. 285.
16 Cfr. El Cartulario del Infante Luis de Navarra del año 1361, ed. de Béatrice Leroy, Pamplona, Príncipe de Viana, 1981, documento no. 195.
17 FERNANDO GONZÁLEZ O LLÉ," La función de Leire en la génesis y difusión del romance navarro, con noticia lingüística de su documentación (I)", Principe de Viana, 58, 1997, 653-707; la cita, p. 665. Se recogen en Documentación medieval de Leire (siglos IX a XII), ed. de Ángel J. MARTÍN DUQUE, Pamplona, Diputación, 1983. 18 Cfr. FERNANDO GONZÁLEZ OLLÉ, Introducción a la Historia Literaria de Navarra, Pamplona, Gobierno de Navarra, 1989, 40. l 9 Versi domna Leodegundia regina, apud MANUEL C . DÍAZ Y DÍAZ, Libros y librerías en la Rioja altomedieval, Logroño, C.S.I.C., 1979, 317, w. 64-66.
20 Id., 315-317, w. 9, 18 y 46-47. Cfr. también GONZALEZ OLLÉ, Introducción ..., Pamplona, 37, donde sugiere la identificación entre los scurriones y los juglares cazurros, objeto de tantos reproches, por su zafiedad, en los textos medievales.
21 Cfr. LACARRA, " E l combate...", 329-330. Remite a J. Saroihandy, "La légende de Roncevaux", en Homenaje ofrecido a Menéndez Pidal, Madrid, 1925,11, 275-277.
Commentaire:
Si je comprends bien, Pedro d'Andouque ou Amery Picaud n'auraient pas pu introduire le patronyme dans la légende en l'empruntant à une famille ? Et pourquoi pas ?) Indépendamment de la mise à l'écart antérieure, la seconde, plus convaincante, en tant qu'ayant des parallèles probants, reste en attente de nouvelles données qui puissent la démontrer. Bien sûr, ces données ne consisteraient pas à apporter d'autres témoignages antroponymiques, ce qui, selon toute probabilité se produira, mais dans l'apparition d'un texte ou de sa notice.
22 En sus conocidos diccionarios, Moll sólo ofrece su significado y la existencia del apellido. Tampoco Corominas ofrece testimonios. Hoy pervive el apellido catalán Ferragut; sólo en la guía telefónica de la provincia de Barcelona constan cincuenta y cuatro.
23 Cfr. LOPE DE RUEDA, Los engañados. Medora, ed. de Fernando GONZALEZ OLLÉ, Madrid, Espasa-Calpe, 1973, 109, 17n. 24 Cfr. FRANCISCO DE QUEVEDO Poema heroico de las necedades y locuras de Orlando el enamorado, ed. de María E. MALFATTI Barcelona, 1964, 55, 61, 62 y 96.
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COMMENTAIRE
L'article de Fernando Crosas Lopez, est intéressant à plus d'un titre. Les apports qu'il fait sur le patronyme Ferragut viennent enrichir ceux de Lacarra et de R. de Lama et je ne pensais pas que l'on puisse remonter si loin dans le temps pour attester de la présence du nom. (Il sera intéressant d'en faire la carte afin de visualiser la zone étudiée.) Qu'il soit donc remercié pour ce vrai travail d'investigation qu'un simple amateur n'aurait jamais pu mener à bien.
Cependant je ne partage pas toujours ses conclusions.
1. A travers cet article, il est aisé de percevoir une conception des origines de la matière épique française revisitée par un historien né de l'autre côté des Pyrénées. Et je le conçois fort bien. Il est légitime, en tant qu'espagnol, de se voir agacé par le rôle accordé à Charlemagne dans les différentes chansons de geste à propos de la reconquête de leur territoire. La revendication de la présence de légendes pré-rolandiennes hispaniques dans les zones étudiées en est un effet. Et pourquoi pas ? Rien ne naît de rien, et on peut supposer qu'un Pedro d'Andouque ou qu'un Aymeric Picaud ont dû avoir connaissance de quelque tradition locale au moment de rédiger leurs textes. Le problème c'est que nous n'en saurons jamais rien. Cette matière épique légendaire de tradition orale a disparu. D'autre part je crains que cette revendication ne vienne aveugler la recherche et que l'on veuille à tout prix analyser les faits à la lumière de cette idée. Par exemple, dans le point 7, pourquoi ne pas accepter tout simplement que l'auteur de la Chronica Turpini se soit inspiré du nom d'une famille existant à l'époque de la rédaction et non d'une tradition plus ancienne ? Cela n'empêche pas d'envisager la présence d'une matière légendaire locale. Lacarra a bien posé le problème et il n'écarte aucune possibilité (voir l'article de M.Ruiz Maldonado).
2. L'analyse du chapiteau d'Estella pose encore d'autres problèmes. Pour les chercheurs, il n'est pas possible qu'elle illustre la Chronique du Pseudo Turpin puisqu'il existait des représentations de la scène du combat antérieures au texte. Et ils citent la basilique de san Zénon à Vérone achevée en 1138. Seulement je ne suis pas convaincu que le relief de Vérone soit bien une représentation du combat entre Roland et Ferragut. Il est vrai que cela y ressemble, mais les historiens locaux semblent partisans d'une représentation du combat entre Odoacre et Théodoric. Rita Lejeune et Jacques Stiennon imaginent donc la présence d'une légende épique locale antérieure mettant en scène les deux personnages.
Pour être honnête, il faut reconnaître que les scènes représentées (celle d'Estella et celle de Vérone) ne sont pas exactement fidèles à la Chronique du Pseudo Turpin. Dans le texte, les deux personnages roulent à terre, le géant par dessus le chrétien et ce n'est que dans cette position que Roland réussit à lui planter son poignard dans le nombril. On peut supposer qu'il était moins évocateur de représenter les personnages dans cette position et que le sculpteur a préféré s'inspirer d'autres scènes de combat de chevaliers que l'on retrouve sur d'autres chapiteaux et faire mourir le sarrazin d'un coup de lance. Et, si les noms des personnages n'étaient clairement indiqués, comme à Estella, on pourrait même mettre en doute leur identité.
Ensuite, je ne peux m'empêcher de penser que des gens portaient le nom de Ferragut dans la région : ceux de Nájera en 1159 et aussi celui de Logroño en 1188, sans omettre ceux de Javier et de Huesca. Sachant, comme le montre l'article de F.Crosas Lopez, que le nom était attesté antérieurement et qu'ils ne pouvaient pas l'avoir adopté récemment, comment ces gens-là pouvaient-ils porter un patronyme qui était montré de cette façon ? J'entends d'ici les quolibets et les railleries! Si j'avais rencontré ce sculpteur au coin d'une Rua, je n'aurais pas pu m'empêcher de lui deux mots! Or le nom a continué à être porté.
3. Il ne faut pas non plus oublier le contexte dans lequel ces récits sont apparus et ont été diffusés. La présence française est attestée dans la zone où se déroulent ces événements. Des études montrent que la venue des moines de Cluny et plus tard des pèlerins-commerçants le long du Chemin de Saint Jacques, les privilèges accordés par les rois de Navarre et d'Aragon aux nouveaux arrivants ont facilité l'expansion de la langue et de la culture françaises à cette époque dans cette région. Pour ce qui nous intéresse, je fais l'hypothèse que les communautés coexistaient, mais que pendant les premiers temps, elles étaient assez séparées ce qui expliquerait l'usurpation du patronyme Ferragut . A moins que, comme le suggère Lacarra, vivait à l'époque un forzudo du nom de Ferragut qui était connu pour sa force et que l'auteur de la Chronica Turpini l'a intégré à son récit.